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 Sujet du message: Les free-parties dans l'impasse
MessagePosté: Lun Mai 11, 2009 3:09 pm 
Honnête citoyen
Honnête citoyen

Inscription: Dim Mai 11, 2008 11:14 pm
Messages: 22
Les Free-party et l'état:

2009 est une année noire pour le mouvement free-party, le 1er mai de cette année, date symbolique pour les teufeurs, marquera tristement l'histoire du mouvement par les saisies qui ont eu lieu un peu partout en france; sur le teknival de Courcelles, à Strasbourg, Toulouse et ailleurs...
Le fait est que nous nous trouvons dans une impasse, l'état gagne encore une bataille et donc du terrain sur la voie qu'il a choisie depuis déjà bien longtemps: la répression pour le contrôle systématique des free-parties.
La peur a à nouveau changée de camp et le dispositif policier en témoigne.

Ce dispositif policier, mis en place lors du teknival, a été prévu pour saisir les sound systems. Et il a malheureusement fait ses preuves.
A l'arrivée sur le site les gendarmes cherchaient déjà les véhicules transportant du matériel et les listaient pour mieux les saisir à la sortie. La coordination inter-sons étant inexistante, les plaques n'ont, pour la plupart, pas été cachées et aucun convoi n'a été organisé pour sortir massivement du tekos.
Ces solutions n'auraient été que des solutions de moindre mal puisque les « force du désordre » ont manifestement validées une technique qui leur resservira: quadriller une zone, laisser circuler les teufeurs, et saisir tout les véhicules transportant du matériel de sonorisation tant que l'émeute n'est pas risquée. En d'autres termes diviser les convois pour mieux les saisir un peu plus loin.
Dans ces conditions toute action collective n'aurait fait que minimiser les saisies et la solution des convois n'est pas viable a long terme. Les sons risquent a chaque fois leur matériel, des amendes, des frais de procédure juridique, des TIG, la suspension des permis de conduire hors du cadre professionnel, leur solvabilité quand le matériel est de location et que des astreintes doivent être réglées et parfois même leur travail quand les véhicules personnels sont confisqués.

Continuer à subir ces lois et arrêtés absurdes sans nous organiser relève du masochisme. Nous savons tous la légitimité que nous avons à exister en tant que mouvement culturel à part entière, et il serait temps d'avoir une réflexion collective sur ce que nous revendiquons vraiment.



-Petite rétrospective:

Depuis 2001 nous subissons les divers amendements et décrets de loi visant à « réglementer » et « encadrer » les free-parties.
Les discutions avec l'état entamées par le collectif des sound systems en 2002 et aboutissant au sarkovals ne semble pas satisfaire tout le monde.
Du coté de l'état on déplore l'état des terrains réquisitionnés après les événements, occasionnant pour certains plusieurs centaines de milliers d'euros de dommages, du coté des teufeurs on déplore les réquisitions forcées de l'état auprès des agriculteurs et la déresponsabilisation des teufeurs revendiquant, à priori, l'autogestion.
On rétorque que des terrains pourraient être viabilisés, ce qui minimiserait les coûts globaux, notamment de nettoyage, et on se heurte aux réticences des pouvoirs publics: gouvernement, élus locaux et préfectures pour trouver des terrains à viabiliser.
En bref aucune solution à long terme ne se dégage de toutes ces discutions car l'appareil d'état n'est pas adapté à répondre a ce type de demande.
La preuve en est la volonté du gouvernement de laisser pourrir la situation cette année jusqu'au 1er mai, ne trouvant encore une fois pas de terrain « adaptés », malgré le fait que des sound systems veuillent organiser l'événement dans la légalité au coté de l'état.

La base de toutes les négociations depuis 8 ans entre le collectif des sound systems et l'état a toujours été celle du contrôle et de l'assistanat.
Quand bien même nous sommes entrés dans leur jeu par dépit, le constat est clair: rien de concordant ne s'est dégagé et ne se dégagera de ces discutions.
Si raisonnablement nous demandons notre liberté d'action: d'organiser des teufs, multi-sons et autres teknivals en autonomie vis à vis de l'état, alors ces discutions ne tiennent plus -si tant est qu'elles aient déjà eu un fond qui aurait pu concorder avec ce que nous voulions-.
Si les teknivals ne sont pas autogérables, qu'a cela ne tienne, ne faisons plus de teknivals. Rappelons nous que ces évènements ne sont avant tout que des moyens de pression vis à vis de l'état.

L'analyse est claire: l'état a une fois de plus prouvé que sa volonté est simplement de sécuriser, réglementer, contrôler encore et toujours plus. Les free-parties n'étant qu'une sphère du corps social parmi d'autres, qu'il faut maîtriser comme les autres.
Ses arguments fallacieux ne doivent pas avoir raison de nous, qu'on parle de drogue, d'atteinte à la propriété privée, ou plus généralement, de marginalité intellectuelle qui nous pousserait à agir hors du « cadre légal ».
Cela ne doit pas nous amener à discuter notre légitimité car elle est fondée.
L'opinion publique a beau être un moyen de pression efficace, nous ne devons plus tomber dans le piège classique qui consiste a dire que l'état doit régir les free-parties comme il régit le reste.


-Questionnement:

Cela m'amène à poser une question plus large à tous les acteurs du mouvement: quel est donc le but intrinsèque du mouvement free-party?
Est-ce simplement un exutoire? Comme le rapport DUMONT l'explique très clairement.
Sommes nous juste des « jeunes » en mal de vivre dans une société sclérosée, et qui cherchent un tremplin dans la vie par un milieu qui propose une socialité différente de la socialité conventionnelle?
Le fait de faire des free-parties est-il simplement une étape, « un peu décalée » de celles proposées classiquement, dans le « parcours d'intégration » de tout un chacun dans la société?
Ou est-ce véritablement un moyen d'expression revendicatif et alternatif, proposant par le fait, des bases nouvelles de fonctionnement d'un système social et démontrant leur fonctionnement ?

Pouvons nous dire, sans être en total désaccord avec nos idées de fond, que l'état a son mot a dire sur nos choix, alors que nous, le peuple, savons pertinemment le bien fondé de nos idées et de nos actions?

Il y a manifestement un choix a faire, ce choix, certains l'ont déjà fait, les négociations avec l'état ont déjà engendrées des scissions au sein du mouvement. Les insoumis en sont le premier exemple qui me vient à l'esprit, mais l'essor des multi-sons en opposition aux classiques teknivals en est un autre.

Une seule solution selon moi: la radicalité.

D'un point de vu pratique, il y a deux choses qui nous bloquent:
La difficulté de trouver des terrains avec l'accord des propriétaires, et la répression que nous subissons à chaque teuf, du contrôle systématique et du fichage affilié, à la saisie, en passant par les violences policières.
(Je ne parle pas ici de la quasi-impossibilité de faire valider les déclarations préalables des soirées, car pour toutes les raisons évoquées ci-dessus ça ne peut pas être une voie de réflexion pérenne.)

Pour ce qui est des terrains on finit toujours par trouver des solutions même si ça reste compliqué, avec ou sans accord du propriétaire.
Pour ce qui est de la répression nous ne pouvons que la subir. Le tout est de s'organiser pour la subir au mieux.

Au sujet des terrains:
Nous pourrions nous occuper de recenser des terrains de propriétaires ralliés a notre cause.
Nous pourrions aussi recenser ceux qui ont déjà été occupés sans accord du propriétaire et ayant fait leurs preuves (loin des habitations, n'ayant pas eu de présence policière lors d'une teuf précédente etc...)
Nous pourrions aussi recenser ceux susceptibles d'être adaptés et pouvant faire leurs preuves par la suite.

Cela se fait déjà de manière informelle, le tout n'est pas de rendre forcément cette pratique formelle mais de la généraliser. La communication entre les sons étant une base pour que cela fonctionne.

Au sujet de la répression:
La saisie du 1er mai aura au moins eu le mérite de faire se rencontrer des sons qui ne se connaissaient pas tous, pour centraliser les informations relatives à toutes les saisies et pour faire défendre tous par la même avocate.
Ne serait-il pas possible de continuer à mutualiser les énergies pour construire un moyen de résistance commun?
Si l'état peut se permettre de faire des confiscations abusives comme celle du 1er mai, c'est avant tout parce que l'opinion publique le soutient indirectement, parce qu'elle ne comprend pas les tenants et les aboutissants de nos revendications. Elle prend pour argent comptant les arguments de l'état qui lui explique très sincèrement qu'il doit tout régenter et que c'est tout a fait normal.
Mais le peuple peut constater la validité de l'autogestion que nous pratiquons depuis 15 ans, et, en ce sens, notre revendication essentielle doit être d'être autonome vis a vis de l'état, et cette revendication est justifiée.

Plutôt que de chercher à mettre en place une caisse commune, comme j'ai pu le lire et l'entendre ici et là, pour gager à l'état une autonomie relative, en espérant que réunir 100 000€ pourrait attester de notre bonne foi et servir à régler tous les dommages engendrés par un teknival,
Ou plutôt, comme cela a pu se faire sur les sarkoval, que de demander une donation pour pouvoir payer ensuite les sociétés privées qui nettoient les terrains, y mette des toilettes et des bennes,
Pourquoi ne pas nous organiser en notre sein pour éviter que des groupes industriels comme Véolia par exemple, profite du fait que nous laissions une décharge à ciel ouvert à la place du terrain du teknival, comme ça s'est produit au dernier teknival de Courcelles ?

Nous pourrions installer des toilettes sèches, inviter des associations de protection de l'environnement, au même titre que des associations de santé communautaire, qui pourraient se charger de prévoir des bennes et de donner de l'information pour éviter les tas d'immondices par simple négligence...
En bref nous nous chargerions de rendre les terrains adaptés par nous même.


Quant au financement de tout ça, il y a deux choses à dire a mon avis:

-La première est qu'il y a un double jeu a jouer de notre part: d'un coté, tout ce qui peut être payé par les contribuables doit l'être. Nous payons tous indirectement pour des choses pour lesquelles nous n'avons aucun intérêt, en payant des taxes qui sont redistribuées par l'état, il n'y a pas de raisons qu'il en soit autrement pour les évènements festifs.
Ce qui est valable pour les associations de santé communautaire est aussi valable pour celles défendant la protection de l'environnement, ces associations peuvent donc être subventionnées.

-La seconde est qu'il me paraît évident qu'il ne faudra pas compter sur l'état pour nous aider en ce qui concerne les saisies et les amendes, puisque c'est lui qui les décide indirectement.
Sur ce point je propose donc une « Mutuelle des teufeurs »; financée par donation.
L'idée serait de créer une association chargée de centraliser des fonds de provenances diverses: benefits parties, dons anonymes, excédents budgétaires à l'issue des teufs etc, pour pouvoir ensuite piocher dedans lors de saisies de matériel, de frais procéduriers ou d'amendes à régler.

L'intérêt de cette « Mutuelle » résiderait dans le fait que ces fonds serviraient exclusivement à contrer l'état sur son propre terrain: celui de la sanction.

Si les fonds récoltés sont à la hauteur des enjeux il n'aura alors plus que deux solutions:
-La première sera de laisser faire, ce qui est peut probable au vu de son besoin manifeste de tout dompter (même si on peut toujours rêver).
-La seconde sera d'accentuer encore la répression en saisissant systématiquement, ou en changeant la loi pour la rendre plus dure encore.
Reste a savoir quel sera le point de vu de l'opinion publique que l'état aura perçu à ce moment là, et qui influencera ses décisions et ses éventuelles nouvelles prises de position, mais une chose est sure: d'ici là nous aurons gagné du temps et nous nous serons organisés...


Il me semble très important de comprendre que nous devons avoir un message clair à transmettre aux médias, qui sont, à la fois, à la base de ce que perçoit le gouvernement de l'opinion populaire, et, en même temps, à la base de ce qui fonde l'opinion populaire.
Cela implique, en notre sein, de faire un choix clair et tranché sur ce que nous voulons. Ce choix sera décisif pour la suite du mouvement, et si nous ne le faisons pas, il se fera de lui même -en n'ayant pas de réponse ferme à la politique sécuritaire nous finirons par disparaître quasi-totalement pour muter dans une forme conventionnelle qui sera contrôlable par l'état-.

Je tiens a préciser que je ne suis volontairement pas entré dans les détails techniques concernant la mise en place de toutes les choses évoquées ci-dessus, et dans les éventuels abus que nous pourrions rencontrer si cela se mettait en place.
Ce texte a avant tout vocation à recentrer le débat sur un axe qui me parait essentiel et inhérent à notre manière d'agir culturellement.
J'espère qu'il ne ratera pas son objet...

A.W.A.W.


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MessagePosté: Lun Juin 15, 2009 12:15 am 
Revolutionnaire
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Inscription: Dim Juin 14, 2009 11:42 pm
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Localisation: Paris
Ce qui est certain, c'est que face a un pouvoir unique, on se doit d'être unis.

Citation:
L'intérêt de cette « Mutuelle » résiderait dans le fait que ces fonds serviraient exclusivement à contrer l'état sur son propre terrain: celui de la sanction.

De quelle manière ?

Citation:
Si les fonds récoltés sont à la hauteur des enjeux il n'aura alors plus que deux solutions:
-La première sera de laisser faire, ce qui est peut probable au vu de son besoin manifeste de tout dompter (même si on peut toujours rêver).
-La seconde sera d'accentuer encore la répression en saisissant systématiquement, ou en changeant la loi pour la rendre plus dure encore.
Reste a savoir quel sera le point de vu de l'opinion publique que l'état aura perçu à ce moment là, et qui influencera ses décisions et ses éventuelles nouvelles prises de position, mais une chose est sure: d'ici là nous aurons gagné du temps et nous nous serons organisés...

Jusqu'à maintenant l'opinion publique n'as pas été de notre côté...
Quand on voit à quel point les média diabolisent les Free.


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MessagePosté: Sam Déc 26, 2009 12:23 am 
Revolutionnaire
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Inscription: Lun Avr 23, 2007 3:38 pm
Messages: 148
Localisation: centre
c un sujet bien compliqué , l etat n est pas de notre coté et il ne le serat certainement jamais ..

apart quelques maires et agriculteurs plus ou moin comprehencif , l opigion public ,je pense ne le serat jamais non plus ,car il n ont rien a y gagner et qu ils ont une opignion tres néffaste de notre mouvement
...

et n ont souvent pour exemple , ce que les medias veulent bien leurs montrer sur nos fetes ( meme si certains ont faient des articles corects )
donc c pas gagner,mais je sais que pas mal d assos en france "travaille" dans ce sens la....

voila

_________________
http://100pourcentfree.forumsmusic.com/index.htm


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MessagePosté: Sam Fév 20, 2010 2:13 am 
Honnête citoyen
Honnête citoyen

Inscription: Sam Fév 20, 2010 1:05 am
Messages: 1
Ptet un peu trop de recul mais c'est toujours bon a prendre!
Depuis l'entrée de la société de consommation la vie a évoluée... L'urbanisation en masse a changé les mentalités et l'opinion public... les besoins vitaux primaires, tel que se nourrir, se vêtir, ont étés remplacés par des besoins de loisirs plus diverses crées par cette société de consommation...Par de là, l'état a pu récupérer des gains sur chaque sociétés...
Des abus ont été commis par certaines d'elles, mais n'est-ce pas une des natures de l'homme... Prise de conscience, ou pas...? De là, la répression a grandit... l'avancée technologique devrait être recentrée sur la survie de la planète et délaisser un peu les moyens de répression et de contrôle de l'opinion des populations a travers les médiats... Faut laisser les gens s'amuser entre eux... Et les laisser vivre leurs propres histoires, après tout on a qu'une vie...


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MessagePosté: Sam Fév 20, 2010 4:38 am 
Gourou
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Inscription: Dim Nov 09, 2008 5:32 pm
Messages: 716
Localisation: St Nazaire
histoire d'enfoncer encore un peu plus le clou...

Image

Citation:
Pèle mêle, couvre feu pour les mineurs de moins de 13 ans, sécurité routière, video surveillance, fliquage internet, fichage obsessionnel : y en aura pour tout le monde. Le projet de loi Loppsi 2 s’attaque même aux free parties.

Depuis la loi Dadvsi de 2006, qui précède les projets Hadopi sur le droit d’auteur et internet, le gouvernement s’obstine dans la même voie. Loppsi 2, (la loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure) réactualise les lois sur la sécurité intérieure adoptées depuis 2002 afin d’adapter et d’élargir les moyens de la sécurité vis-à-vis des nouvelles technologies. Le projet de loi a été voté en première lecture mardi 16 février. La mise en place d’un dispositif de "cybersécurité" prévoit également la création d’un "super-fichier" afin de faciliter les croisements entre fichiers judiciaires (Stic, Judex, etc.)et contiendra de nombreuses données liées à la vie du citoyen avec tous les dangers que cela comporte.

Objectif : une sécurité high-tech, toujours plus performante, avec le renforcement de l’espionnage de la société civile notamment par la vidéosurveillance et l’obsession du fichage. Le ministère de l’intérieur met en avant la lutte contre la cybercriminalité. En réalité, l’enjeu du projet Loppsi 2 est bien plus large que la sphère du net et s’attaque en profondeur aux libertés individuelles et fondamentales. Dès le dépôt du projet de loi, le 27 mai 2009, la CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés) et le Syndicat de la Magistrature, avaient exprimé leurs inquiétudes sur une liste d’amendements liberticides qui porte en elle les potentiels de dérives du système.

« Cauchemar sécuritaire », « dérive réactionnaire et dangereuse », « fliquage globalisé » : sur la toile, le projet de loi est décortiqué, battu en brèche, les magistrats montent au créneau. La presse spécialisée se charge de l’aspect lié au monde numérique. Sur les blogs et les réseaux, on s’inquiète des conséquences sur le citoyen. Beaucoup moins évoqué, comme noyé dans la masse, l’article 35 propose un amendement sur le droit de la propriété dans le cadre des saisies judiciaires. Il a été pointé par certains collectifs de free party qui redoutent des conséquences sur les saisies des matériels de sonorisation qui conditionnent l’existence même des soirées techno libres.


L’article 35 complète les articles 99-2 du code de procédure pénale et L. 2222-9 du code général de la propriété des personnes publiques afin de permettre que le juge d’instruction ordonne, sous réserve des droits des tiers, de remettre au service des domaines, en vue de leur affectation à titre gratuit par décision de l’autorité administrative compétente, les biens saisis qui ne sont plus nécessaires à la manifestation de la vérité. Cette mesure interviendra sans attendre une décision de justice définitive qui est souvent rendue plusieurs années après la saisie des biens.

De la saisie à la mort des sound systems

« On organise le racket légal. Cet article est une porte ouverte à la vente des saisies, avant même la prononciation du jugement », s’exclame Lionel, le membre fondateur d’un de ces collectifs. Les saisies du matériel de sonorisation dans le cadre d’une free party ne sont pas systématiques, « Sur une cinquantaine de saisies réalisées l’an dernier avant mai, trois étaient justifiées, le reste a été rendu » poursuit Lionel. En Mai , lors du Teknival organisé de façon illégale, la saisie a, en revanche, été spectaculaire. La valeur des biens saisis a été estimée à 1, 5 millions d’euros par les organisateurs. A l’issue des trois jours qu’a duré la fête, la police a encerclé le site et saisi l’intégralité du matériel dont une partie était louée. La préfecture refusant de faire valoir le droit des loueurs à récupérer leur bien, elle leur avait indiqué de facturer la durée de la saisie à la charge des organisateurs. Un coup dur et un grand traumatisme pour le mouvement.

« C’est du vol !, si on nous restitue les biens en « valeur d’usage », ils seront largement sous évaluées, qu’il s’agisse d’une saisie de véhicules, ou d’une saisie de matériel. » Amendes, saisies, les obstacles se multiplient pour ces activistes d’autant que le milieu des free party n’a pas bonne presse. Le mouvement souffre d’une image négative nourrie par les conflits générationnels, la peur, l’ignorance et l’absence de contrôle. Pourtant les free parties relèvent d’une forme originale de communion festive au sein de notre société. Les « sound systems », en français, les « sons » se multiplient et se développent en France depuis une vingtaine d’années. Les collectifs peuvent mettre des années à construire les célèbres « mur du son », les enceintes devant lesquelles s’ouvre la piste de danse.

La méconnaissance de la réalité alimente les fantasmes sur un phénomène en marge et par définition hors norme. Les sound systems sont directement issus de cette génération baignée dans la musique électronique et du phénomène de « tribe », nourrie par les modèles anglo-saxons et le milieu alternatif. Le dispositif pour faire la fête dans les champs demande une logistique et un savoir faire que les nouvelles générations transforment et perpétuent. Chaque sound system est composé d’un système de sonorisation et d’un collectif de personnes dont chacune constitue un membre actif. En général, le collectif se forme à partir d’une bande de potes, qui décide de réaliser un projet commun. Depuis plus de 20 ans les jeunes se défoulent et s’expriment sur le beat. L’organisation demande un engagement de soi dans une œuvre collective, l’investissement personnel et financier de passionnés qui permettent au mouvement d’exister et qui ouvrent un éventail de nombreuses associations plus ou moins formelles, plus ou moins responsables. Il existe une multitude de combinaisons possibles, de structures plus ou moins imposantes, de moyens plus ou moins grands.


Manifeste des Spiral Tribe, un des collectifs anglais à l’origine du mouvement en France.

Stigmatisés et méconnus, les rassemblements ont pourtant survécu à la critique et se sont établis comme une tradition, une pratique libertaire et populaire qui revendique le droit de faire la fête, de s’exprimer, de danser sans contraintes. Depuis une décennie et le premier amendement Mariani adopté en 2001, les raves ont été réglementées. Le phénomène a été endigué, obligeant les organisateurs à respecter la limitation de 500 personnes, dans la mesure où au delà de cette limite, ils doivent obtenir une autorisation de la préfecture. Les autorités contiennent ainsi le phénomène en tolérant les petites "frees" et en exerçant des pressions sur les propriétaires des terrains qui tolèreraient des rassemblements plus gros. « Que se soit à cause des mairies, ou des préfectures, on n’obtient presque jamais les autorisations, les pouvoirs publics font pression et empêchent de donner le feu vert », témoigne Lionel. C’est pourquoi, rompant brutalement avec la tradition établie par le tecknival, surnommé « sarkoval », encadré par le gouvernement, le rassemblement du 1er mai 2009 s’est produit, de fait, de manière illégale dans des conditions déplorables.

Avec la volonté affichée d’éradiquer une pratique considérée comme un fléau, les pouvoirs publics sont moins soucieux de trouver un compromis que d’interdire purement et simplement les manifestations. « Le problème c’est que même quand on se plie aux règles, on n’échappe pas forcément à des mesures arbitraires, affirme Lionel, on a déjà vu des saisies sur des soirées à moins de 100 personnes." La loi condamne plus qu’elle ne légifère, elle a permis de fixer les mesures de répression et ne favorise pas les organisateurs qui respectent les règles. « On est pas tous pareils même si on partage certaines valeurs, mais on est traité pareil dans le choix des terrains, qu’on respecte le site ou non, qu’on veille aux normes de sécurité comme aménager un accès pour les secours ou qu’on organise sauvagement les soirées à l’arrache » La loi criminalise le mouvement en mettant à la disposition des gendarmes des sanctions comme les saisies, qui concernent l’ensemble du matériel qui a de près ou de loin permis ou produit le son : les enceintes, les disques, les platines, les ordinateurs, les groupes électrogènes, jusqu’aux véhicules qui ont rendu possible le transport. "Une fois, ils ont même pris les écouteurs d’un balladeur mp3 parce que, soit disant, ça se branchait sur la table de mixage !", confie Lionel.

La Liberté, l’enjeu du débat


Cette criminalisation du phénomène est relayée par les médias, qui pointent les projecteurs sur les accidents en associant les problèmes de la drogue aux collectifs. Le contrôle systématique des autorités à la sortie des soirées cristallise et cultive une hostilité mutuelle entre fêtards et forces de l’ordre. En réalité, les deux phénomènes drogue et sound system sont à dissocier, ils sont deux facteurs qui ont déferlé sur la jeunesse au même moment, une jeunesse rebelle, farouchement opposée à la récupération idéologique et intimement libertaire. La peur du phénomène engendre sa condamnation en bloc par une société qui se livre à un procès de génération. L’absence de dialogue et de compréhension est autant à rechercher du côté de l’État que du côté des familles.

Avec Loppsi 2 , les dérives contre les droits et la liberté des citoyens sont réelles d’autant qu’en s’attaquant à la sphère de la liberté c’est de la sphère privée dont il est question . Les "teufeurs", comme ils aiment à se désigner, ne sont pas directement visés par le projet de loi mais ils interrogent directement la question de la liberté dans une démocratie et les limites des mesures sécuritaires. L’unique revendication étant de s’amuser librement, la responsabilisation des participants n’est pas incompatible avec l’organisation des fêtes libres comme le montrent les efforts de nombreux collectifs aujourd’hui.

La free party heurte les principes commerciaux et l’économie de la musique, elle maltraite les droits d’auteurs, mais elle offre également un mouvement alternatif, créatif et pacifiste, une forme originale de rapports humains fondés sur le partage et l’égalité. Pour Lionel « c’est un art de vivre. Dix-sept ans que je suis là-dedans, déclare-t-il, c’est ma vie, mes valeurs. C’est totalement impensable pour moi d’arrêter ». La répression des free party montre le danger d’une volonté de lisser la société pour empêcher tous mouvements en marge. Dérive totalitaire et intolérance vis-à-vis d’une partie de la jeunesse, pour qui faire la fête conduit « à se mettre bien » et procure un bien-être nécessaire à son équilibre. « Les lois sont semblables aux toiles d’araignée, qui attrapent les petites mouches, mais laissent passer guêpes et frelons », écrivait Jonathan Swift, l’auteur du Voyage de Gulliver, et de L’Art du mensonge politique. À méditer…

Lucie Servin


source:http://www.humanite.fr/LOPPSI-II-ne-fait-pas-raver


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MessagePosté: Sam Fév 12, 2011 2:01 am 
Anarchiste
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Inscription: Sam Fév 05, 2011 12:44 am
Messages: 566
Localisation: derrière les platines ou dans le barrel!
Je suis d'accord avec pas mal d'arguments mais moins sur d'autres.

je cite:

Si les fonds récoltés sont à la hauteur des enjeux il n'aura alors plus que deux solutions:
-La première sera de laisser faire, ce qui est peut probable au vu de son besoin manifeste de tout dompter (même si on peut toujours rêver).
-La seconde sera d'accentuer encore la répression en saisissant systématiquement, ou en changeant la loi pour la rendre plus dure encore.
Reste a savoir quel sera le point de vu de l'opinion publique que l'état aura perçu à ce moment là, et qui influencera ses décisions et ses éventuelles nouvelles prises de position, mais une chose est sure: d'ici là nous aurons gagné du temps et nous nous serons organisés...

il ne faut pas réver,d'une part nous n'aurons jamais les fonds nécéssaires et d'autre part,il semble plus qu'evident que l'état réagira excéssivement vite si il se rend compte que nous avons les moyens de "parer" ses sanctions.
J'entend par là qu'il leur suffira de durcir la loi,augmenter les amendes bref la routine pour eux.

Ensuite ,parlons de l'opinion publique.
Tout le monde sait que les médias racontent un peu ce qu'ils veulent meme si j'ai vu un ou deux repoartages assez objectifs concernant le mouvement underground.
A partir de là,on peut dire sans se tromper que l'opinion publique sera manipulée si besoin est via reportages trafiqués et j'en passe,dans le cas ou l'etat commence a se sentir plus ou moins "dépassé" par l'organisation mise en place entre les 6tem.

Petite anecdote:
Je me souviens d'un teknival en bretagne dans les années 90 ou il y avait eu un grave accident.
Un pauvre teuffeur était tombé d'une falaise en jouant avec un cerf volant si ma mémoire est bonne.

Voilà ce qu'il s'est réellement passé:
Suite à l'accident ,l'orga avait appellé une ambulance qui une fois sur place a pris le corps et est repartie.
Suite a cela,les flics ont commencé à encercler le site pour charger a la "braveheart" style.
Donc grenade lacrymo,j'ai vu des flics tuer des chiens comme si c'etait des moustiques,tirer des filles par les cheuveux sur 20m,faire tomber des murs de son et j'en passe.
Le soir ou le lendemain,je rentre chez moi et là mon père me saute dessus pour m'engueuler,toussa.
Après une bonne gueulante,il finit par m'expliquer qu'il a vu dans les infos qu'un teknival avait mal tourné suite à une "rebellion" des participants.
Une heure plus tard,les infos commencent et là je me rend compte de l'ampleur du problème:
D'après les médias,on aurait empéché l'ambulance de rentrer sur le site,on aurait callaissé les flics qui ont du faire appel à la force pour maitriser une "horde de jeunes déchainés"(je cite)qui empéchaient les médecins d'acceder au mec qui etait soit disant mourant.
Le reportage etait très crédible,au moment ou la voix disait "les teuffeurs déchainés",on voyait un mec faire un doigt,quand la voix disait "l'ambulance n'a pas pu rentrer" on voit une image de l'ambulance à l'arret mais on ne voir rien devant ni derrière....
Bref de la pure manipulation.
A un tel point qu'il m'aura fallu qq heures pour convaincre mon propre père que tout ce qu'il avait pu voir n'etait que mensonge.

_________________
http://soundcloud.com/ekimoz-carpe-noctem


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MessagePosté: Ven Mai 13, 2011 1:03 am 
Anticonformiste
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Localisation: 86
+ 1000, contre les mafieux de nos gouvernement, il n'y a que les actions unies qui payeront. Le jours ou les hommes comprendrons qu'ensemble, d'une seul voix, d'un coup de gueule on peut faire changer les choses efficacement, on est bien plus fort qu'on ne le croit mais en revanche les dirigeant eux savent qu'en coupant la tete plus rien ne se passe et a quel point il est important d'étouffer toute rebellion, surtout venant des jeunes. Mais en attendant trop de flemmardise :evil: il savent bien nous comprimés et a tout point. Sa fait du bien de voir que sa fourmille d'idées :idea: et que certains s'activent toujours pour défendre les bases de ce merveilleux mouvement qui est le nôtre :chapo: et en tout cas, en parler et ne jamais lacher le combat et le plus important. big up

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"C'est une base stable dans ce chaos
Qui t'immunise contre la connerie des salauds
Et de tous ces gens qu'on lobotomise
Tu refuses toute emprise sur ta matière grise"


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MessagePosté: Ven Mai 27, 2011 6:56 pm 
Gourou
Gourou
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Inscription: Mar Sep 20, 2005 12:13 pm
Messages: 1914
Localisation: The World Is Mine
Tu me plais Rev...

C'est parce que je lisais plus de trucs comme ça que je postais plus rien sur le forum.

Mon/Ma cher-e, il ne tient qu'à nous de nous organiser, de se regrouper un jour donné dans une ville donnée et discuter, entre nous, entre soud system, admin de forum, assos d’artistes qui participent aux soirées, et discuter. Discuter de ce que ça veut dire pour nous de faire des fêtes illegales, de qui ont est et ce qu'on peut tolérer. Ça nous permettrez de mettre plein de choses au point entre les différentes corporations du milieu. Je propose ça. Se retrouver et en parler, vraiment, parce que ce mouvement pert de l'energie parce qu'il pert son fondement, son sentiment de puissance qui vient du fait que les participants se retrouvent dans un monde parallèlle, marginal leurs apartenant. Ca se sont les médias qui nous l'ont bouffé en le montrant à tous... bref. On a besoin de se connaitre, plus loin que les forum. De s'organiser, je me répète.

Tout ce que tu dénonce est vrai, ce que tu propose est interessant parlons-en.

Vous en pensez quoi? Tous.

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You might stop the party but you can't stop the future
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MessagePosté: Mar Nov 01, 2011 1:13 am 
Honnête citoyen
Honnête citoyen
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Inscription: Sam Mai 02, 2009 6:19 pm
Messages: 1
Localisation: sud-gironde
je viens de lire l'article de mess-k c bien de proposer plein de truc mais le plus gros facteur a prendre en compte c le facteur humain parce que ta beau essayer de lui inculquer des choses et rien y fais ça rentre pas!!!!Va pi être falloir taper dessus a force
exemple: quand tu tape une teuf tu amène ton sac poubelle c'est bien mais le ramener et le mettre dans la première poubelle que tu vois c'est mieux sinon ça sert a rien ya pas d’éboueurs dans les bois!!!!
voila et j'en passe donc le mieux sa serai de faire un fly commun a tous les sound6tm ou l'on pourrait y trouver les règles de base qui sont communes a chacun ,ainsi qu'un pti texte expliquant ce qu'est le mouvement teckno et le distribuer en échanges de la donation....
enfin juste une pensée comme ça et essayons de trouver une solution pour que sa perdure parce-qu’on est pas que des drogués montré du doigt par les bourgeois qui régisse notre état qui a perdu tous son panache au fur et a mesure des années.....
(liberté,égalité,fraternité) c'est un bon principe free party sans êtres rachos mais juste un peu chauvin!!!!
[/u]

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être sage ne consiste pas à renoncer à toutes les joies de la vie.Au contraire il faut les connaitre pour expérimenter ce qui est vital et se détourner de ce qui est dérisoire.


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MessagePosté: Mer Avr 18, 2012 12:12 am 
Revolutionnaire
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Inscription: Dim Nov 27, 2011 1:34 pm
Messages: 118
Localisation: 64
waouh, sa fait peur tout sa je vous soutien et je m’efforcerais de véhiculer durant toute ma vie l'esprit de la teuf, le vrai. courage à vous les anciens, le combat à commencer, gagnons le.

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plus on est de con, plus on rit
plus ya de son, plus on joui
C'est quand on est au pied du mur
Qu'on tape du pied


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